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À paraître le 16 novembre 2014 : Viv(r)e le couple interculturel!

20/10/2014

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À paraître le 16 novembre 2014

Le livre
Il y a aujourd’hui environ 30.000 mariages franco-étrangers en France métropolitaine par an. Si on ajoute les mariages dans les ambassades ou consulats à l’étranger, on pourrait, selon certains, doubler ce chiffre. Il faudrait ajouter aussi les couples interreligieux impossibles à dénombrer et les couples qui ont la même nationalité mais une culture d’origine différente.

  • Pourquoi certaines personnes décident-elles de se lancer dans l’aventure du couple interculturel ?
  • Y a-t-il des difficultés particulières qui en découlent ?
  • Doit-on prendre au sérieux les différences culturelles ou religieuses, ou se dire que l’amour permettra de surmonter tous les obstacles ?
  • Quels sont les sujets délicats à aborder avant de se marier ?

Illustré par de nombreux témoignages, ce livre propose des pistes pratiques qui aideront les couples interculturels à bâtir une relation solide et empreinte de compréhension mutuelle. Des questions à la fin de chaque chapitre permettront aux couples, et à ceux qui les préparent au mariage, de discuter honnêtement de leur relation. Mieux armés, ils pourront ainsi faire face aux différences et aux désaccords qui se dresseront inévitablement sur leur route.
Ce livre s’adresse aux couples interculturels qui vivent leurs différences au quotidien, aux familles qui les entourent et désirent comprendre leurs défis particuliers, ainsi qu’aux responsables de communautés qui célèbrent des mariages de couples interculturels. Il est le fruit d’une recherche doctorale et de nombreuses enquêtes auprès de couples interculturels.

Points forts
De nombreux témoignages de couples interculturels
Un ouvrage grand public basé sur une recherche académique
Un ouvrage qui s’adresse à un vaste public : couples interculturels, parents, amis, clergé, thérapeutes
Peu de livres sur ce sujet en France
Prix : 15 €
Dimensions : 14 x 21 cm
ISBN : 978-2-86314-443-5
Parution : 16/11/2014
L’auteur
Jean-Christophe Bieselaar est né dans une famille multiculturelle. Son mariage interculturel, il y a une vingtaine d’années, l’a conduit à apprendre une nouvelle langue mais aussi à voyager fréquemment à l’étranger. Il a été pasteur à New York, puis dans le quartier de la Défense à Paris, et il est actuellement associé de paroisse à l’église américaine de Paris où il prépare de nombreux couples interculturels au mariage. N’ayant pas trouvé de livres spécifiquement adaptés aux besoins de la préparation au mariage de ces couples dans toute leur diversité, il a alors décidé d’entreprendre un travail de recherche doctoral à King’s College University of London et la rédaction d’une thèse interdisciplinaire en sociologie, psychologie et théologie pratique sur ce sujet.

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Qu’est-ce qu’ils ont fait au bon Dieu pour mériter 10 millions d’entrées?

25/07/2014

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Comme plus de 10 millions de français, je suis allé récemment au cinéma voir Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu? Je voulais comprendre le phénomène du succès de ce film qui évoque le sujet de mes études et de mes recherches doctorales: les couples interculturels. Pourquoi un film, ce film en particulier, a-t-il connu un tel succès ?

Ce n’est pas la première fois que le cinéma met en scène les différences culturelles au sein des couples: West Side Story, Devine qui vient dîner, Jungle Fever, Mariage à la Grecque, Rien à déclarer… C’est souvent par la comédie que les mariages interculturels sont mis en scène au cinéma.

Le réalisateur du film, Philippe de Chauveron, paraissait avoir l’expérience idéale pour faire un tel film. Lui, venant d’une famille bourgeoise catholique, a vécu avec une femme africaine tandis que son frère a été marié à une femme d’origine maghrébine. Ce serait en découvrant que les français étaient champions du mariage mixte que lui serait venue l’idée d’en faire un film et de mettre en scène une famille catholique obligée d’accepter quatre mariages mixtes à la suite les uns des autres.

Il y avait beaucoup de rires dans la salle lors de la projection du film. Certains, dont des couples interculturels, riaient aux larmes. Le Président de la République aurait déclaré que ce « …film est une bonne nouvelle, la preuve que la France peut rire d’elle-même, de ses travers et qu’elle est capable de se rassembler autour d’un rire de tolérance… » (Paris Match, 28Mai-4Juin 2014, p.70) En effet, la majorité des personnes présentes dans la salle riait tout au long du film. Mais riait-on tous pour les mêmes raisons ? C’est peut-être ce qui m’a quelque peu dérangé dans ce film construit sur des clichés. On rit de tout et de tous alors qu’il y a, en réalité, toujours beaucoup de douleurs exprimées ou non, au sein des couples mixtes et de leur famille d’origine. Les mariages interculturels ne sont pas si simples. Ils sont rarement si drôles. Si cette comédie peut sensibiliser le grand public aux joies et difficultés des couples mixtes, elle les dépeint au niveau des clichés de leur problématique.

 

Il y a cependant des points positifs dans ce film :

- Ce film a le mérite de montrer les couples interculturels dans leur grande diversité : il y a des couples « mixtes » par leur religion ; des couples « mixtes » par leur pays d’origine (enfants d’immigrés qui ont la nationalité française) ou par leur nationalité. La mixité est une notion difficile à évaluer (voir Vrai/Faux cliché numéro 1) et le mot « mixte » en France fait encore allusion, dans l’esprit de certains, à une différence qui ne serait que religieuse. Je préfère le terme « interculturel » qui est plus général mais décrit mieux la réalité de ces conjugalités multiples et diverses en France aujourd’hui.

- Ce film souligne aussi la difficulté de ces français , enfants d’immigrés, à être acceptés dans la société par des français, qui eux, seraient « de souche ». Dans le film il a fallu que les gendres chantent la Marseillaise avec conviction pour que le regard de Monsieur Verneuil change quelque peu. Il s’exclamera face à cette preuve de patriotisme de ses gendres: « Vous m’avez donné le frisson ».

- Avec le mariage de la quatrième fille de la famille Verneuil, le réalisateur Philippe de Chauveron offre un autre regard sur le racisme. La prophétie du gendre d’origine chinoise s’avère alors vraie : on est tous un peu racistes, on a tous des préjugés. C’est avec stupéfaction que Monsieur Verneuil découvre que le père de son gendre d’origine africaine était également contre le mariage : « les français sont mauvais et bêtes. » La réalité est bien là : nous avons tous des préjugés plus ou moins forts sur certaines personnes.

- Ce film a également mis en évidence, m^eme discrètement, que « la ville » est le lieu de rencontres par excellence des couples mixtes. Dans le film, les quatre filles Verneuil ont quitté la vallée de la Loire pour aller étudier à Paris… et c’est dans la capitale qu’elles ont rencontré leurs futurs maris. Comme je l’avais évoqué dans un post précédent (vrai/faux cliché numéro 4), la ville est le lieu de rencontre par excellence des couples interculturels.

- Les mariages entre personnes de couleurs de peau différentes seraient-ils finalement plus difficiles à accepter que les autres ? C’est ce que certains sociologues américains affirment. Si le mariage entre leur dernière fille et un homme d’origine ivoirienne « ne passe pas » pour les parents Verneuil, le film suggère que ce serait simplement la succession des gendres « différents » et des attentes des parents qui les mèneraient à la dépression et à la limite du divorce. Pourtant, c’est bien lorsque leur quatrième fille veut épouser une personne d’origine africaine que l’équilibre de la famille est prêt à basculer, même si elle est catholique.

 

Le film montre néanmoins des limites :

- L’histoire commence par trois mariages mixtes qui ont déjà eu lieu. On se trouve dans la salle des mariages de la mairie lorsque l’une des filles se marie avec un avocat musulman, l’autre avec un homme d’affaires de confession israélite et la troisième avec un banquier d’origine chinoise dont la religion ne sera pas réellement évoquée. Quelles ont été les difficultés rencontrées pour en arriver à la cérémonie de mariage ? Rien n’est montré. Si l’on peut deviner les résistances de la famille Verneuil, quelles ont été celles des familles des époux ? Il n’y a rien malheureusement à ce sujet. Or, des études ont bien mis en valeur dans leurs recherches que pour toute famille, l’acceptation des mariages mixtes est complexe, d’un côté comme de l’autre. Les mariages entre personnes de religions différentes ne sont certainement pas plus simples que des mariages entre personnes de nationalités différentes. J’avais évoqué certaines problématiques des mariages interreligieux dans ce post sous la rubrique « religion ».

- Les parents Verneuil sont catholiques pratiquants mais le film n’évoque pas clairement la pratique religieuse de leurs filles. Il montre plutôt une forme de soumission à la religion de leur mari. Si certaines des quatre filles de la famille Verneuil étaient catholiques pratiquantes, leur mariage aurait-il été aussi « simple » ? Quelles auraient été les tensions au sein du couple ? Ces mariages auraient-ils eu lieu ?

- A part la circoncision d’un des petits-fils de la famille qu’en est-il de l’éducation religieuse des enfants au sein des couples mixtes? Ce sujet est pourtant un point très sensible à la fois pour les communautés religieuses et pour les familles des couples mixtes. Le film met en scène des personnes et des couples qui ont, au mieux, une pratique culturelle de leur religion ou parfois même aucune pratique de celle-ci. Finalement, la tolérance qui est suggérée dans le film, doit-elle être irréligieuse ?

- Si la question de l’identité est évoquée lors de la scène de la Marseillaise chantée par les gendres, qu’en est-il de l’identité des enfants de ces couples? Le film suggère seulement un métissage.

Le succès de ce film est que, finalement, tout le monde peut s’y retrouver car tout le monde est critiqué : la bourgeoisie catholique de province, les familles africaines, les gendres et les filles, les religions. On peut alors s’identifier ou identifier quelqu’un de sa propre famille avec un des personnages du film… et en rire. Le problème est, que l’on soit raciste ou tolérant, nous pouvons tous en rire et rire de tous et de tout. La tolérance prônée dans le film est un beau message qui reste finalement un peu superficiel à la lumière des difficultés et de la douleur vécue au sein des couples mixtes. « Ce n’est pas si simple » me disait un couple interculturel dernièrement. Toutefois, la tolérance est peut-être un message qui reste bon à entendre ou à rappeler en 2014 dans notre pays.

MAINTENANT…

Qu’avez-vous pensé du film?  C’est à vous dans les commentaires…

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5 clichés sur les couples interculturels en France: vrai ou faux?

21/02/2014

Business Talks

1.     Les mariages interculturels sont en constante augmentation en France.

(Probablement) FAUX. Tout d’abord, il n’y a aucune statistique sur les mariages interculturels au sens large du terme car il est difficile, voire impossible de délimiter ce qu’ils sont et ce qu’ils représentent. Chacun y va de sa définition. Les seules statistiques officielles disponibles sont celles des couples mixtes, c’est-à-dire des couples franco-étrangers. Ces statistiques sont toutefois à relativiser car elles concernent seulement une partie des couples interculturels (ceux dont la nationalité diffère), et elles sont limitées au territoire national (ne sont pas pris en compte les mariages dans les ambassades ou consulats). Toutefois, les statistiques nationales montrent que s’ il y eu une augmentation considérable des mariages mixtes entre 1946 (5,9%) et 2010 (12,2%), il y a eu aussi une diminution quasi-constante de ces mariages depuis 2003 où un seuil semblait avoir été atteint (17%). Depuis, le nombre des mariages mixtes selon la définition et le champ retenus par l’INED régresse presque chaque année : 17% (2003), 15,7% (2004), 15,4% (2005), 14,3% (2006), 13,4% (2007), 12,7% (2008), 12,9% (2009), 12,2% (2010).[1]

2.     Les mariages interculturels en France concernent surtout des mariages entre des français et des personnes d’origine maghrébine.

FAUX… et VRAI. Il faut être particulièrement prudent à ne pas faire trop rapidement des généralisations. Les mariages mixtes étant soumis à l’évolution des flux migratoires en France, il est alors évident qu’ils « touchent prioritairement les communautés d’étrangers les plus importantes, mais aussi les plus anciennement implantées : rien de surprenant donc à la domination de l’Europe du Sud et du Maghreb parmi les aires d’origine des conjoints étrangers »[2]  Les pays d’origine des conjoints étrangers varient en fonction de la vague migratoire du moment. En simplifiant, s’il fallait décrire en plusieurs étapes le phénomène des mariages mixtes en France, la première aurait été entre français et européens, particulièrement des conjoints originaires d’Espagne, du Portugal ou encore d’Italie. Dans un deuxième et troisième temps, les mariages mixtes concernent principalement jusqu’à aujourd’hui encore des personnes originaires du Maghreb et d’Afrique. A quoi ressembleront les mariages mixtes de demain et d’après-demain ? Il semble qu’il y ait une amorce de mariages mixtes entre français et conjoints originaires d’Asie mais aucune étude précise n’a réellement été entreprise à ce jour pour déterminer leur nombre et l’impact qu’ils auront sur la société.

3.     Les mariages interculturels sont tellement complexes au quotidien, qu’un mariage interculturel a deux fois plus de chances de divorcer qu’un couple français.

FAUX. En France, presque un mariage sur deux entre français se termine par un divorce (46,2% en 2010).[3] Il est certain qu’un mariage interculturel peut être complexe car il nécessitera des ajustements importants de la part des deux époux. Cette recherche de l’harmonie à travers les différences de deux personnes est délicate, parfois difficile à vivre car les plus grands changements pèsent souvent plus sur le conjoint étranger qui doit démontrer qu’il est un « bon conjoint », digne de ce nom au regard de toute la belle famille française, qu’il est apte à s’intégrer dans une communauté et dans une société à laquelle il n’appartient souvent pas en se soumettant à des normes culturelles qui lui sont imposées.[4] Les attentes culturelles sont très lourdes, parfois irréalistes et créent tensions et stress dans le mariage. Cette crainte du divorce au sein des couples mixtes est renforcée par l’exposition médiatique d’enfants issus de ces couples « enlevés » à un de leur parent. Ces cas « extrêmes » renforcent-ils l’idée populaire que la potentialité d’un divorce au sein d’un mariage mixte est plus grande que lors d’un mariage entre deux français ? Idée populaire ne signifie pas forcément vérité scientifique. Il est très difficile d’étudier le divorce au sein des couples mixtes ou interculturels. En effet, même si les statistiques sur le divorce et la naturalisation existent, l’exactitude du nombre de couples mixtes qui divorcent est impossible à établir. Lorsqu’un époux étranger acquiert la nationalité française, sa nationalité d’origine est effacée des registres de l’administration. Plus précisément, lorsqu’un couple mixte divorce, aucune mention de la nationalité n’est présente – il ne s’agit pas alors d’un couple mixte qui divorce mais d’un couple français qui se sépare.[5] Dans ces conditions, il est impossible d’avoir le taux précis des divorces  des mariages mixtes ou interculturels. Deux chercheurs ont cependant entrepris une étude détaillée sur le sujet, ceci malgré les difficultés précédemment mentionnées. Leurs conclusions sont que les mariages mixtes ne semblaient pas être particulièrement plus fragiles ou précaires que les autres mariages contrairement à l’idée généralement perçue. Leurs statistiques montraient que les couples mixtes suivaient l’évolution nationale des divorces, en divorçant légèrement plus que la moyenne nationale mais jamais dans des proportions exagérées. Ils ont aussi mis en évidence que le divorce entre un français et un européen était moins fréquent qu’entre une personne française et une autre originaire du Maghreb ou de l’Afrique, peut-être parce que la différence culturelle et religieuse est moindre.[6] En conclusion, l’idée qu’un mariage mixte ou interculturel se termine inévitablement par un divorce est fausse, celle que les couples interculturels divorcent beaucoup plus que des couples français aussi. L’étude détaillée de Neyrand et M’Sili portant sur une vingtaine d’années montre bien que les couples mixtes ne divorcent pas tellement plus que le reste de la population en France. Il est difficile d’affirmer que ces couples divorceraient à cause de leur « mixité », ce concept étant scientifiquement difficilement définissable.

4.     La ville est le lieu de rencontre par excellence des couples mixtes

VRAI. Si la ville est un lieu de passage pour certains, elle est aussi un lieu où l’on s’installe pour d’autres. La ville a toujours été un carrefour de rencontres. Depuis l’Antiquité c’est un lieu d’échange commercial, culturel, et intellectuel. La ville est un lieu dans lequel des individus maintiennent comme ils peuvent leur attachement à leur groupe et culture d’origine, ou, au contraire, utilisent la liberté et l’individualisme que la ville peut offrir pour s’en détacher. C’est dans la diversité des opportunités que la ville offre que des relations amoureuses avec un étranger peuvent passer plus inaperçues, ou au moins, être moins critiquées. Abdelhafid Hammouche écrit : « Il n’y a pas de couples mixtes s’il n’y a pas en parallèle une mixité urbaine qui permet aux habitants de se rencontrer et à des couples de se former en suivant des circuits plus ou moins balisés, mais qui ne sont jamais aléatoires. »[7]

5.     Les mariages interculturels sont souvent des mariages « blancs » ou « gris. »

FAUX. Les mariages blancs ont été significatifs dans l’imaginaire social dans les années 90, mais ne l’ont pas été statistiquement : ils n’ont, selon l’étude exhaustive de Gérard Neyrand représenté qu’entre 2 % et 3 % des unions franco- étrangères.[8] Si l’on ne parle plus guère de « mariages blancs » le Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire avait pris position contre ce qui semblait être un nouveau phénomène : les « mariages gris ». Ces mariages seraient différents des « mariages blancs » car basés sur la tromperie de l’un des époux envers l’autre, souvent par la séduction. L’un des époux serait sincère dans la formation de son couple alors que l’autre ne le serait pas. Les époux, dans ce cas, ne se mettront pas d’accord en toute connaissance de cause comme dans le cas des « mariages blancs» mais, au contraire, l’un  abusera de l’autre pour obtenir un statut officiel ou des avantages personnels. Il y a, dans ce cas, non seulement atteinte à l’institution du mariage, mais aussi, élément nouveau, abus de faiblesse. Alors que les « mariages blancs » sont sanctionnés, un vide juridique existe actuellement en ce qui concerne « les mariages gris » que l’ancien ministre, Eric Besson, souhaitait combler :

«Les mariages mixtes enrichissent notre société. Ils constituent un puissant facteur de métissage de notre Nation. Mais notre générosité dans l’accueil de l’immigration ne doit pas être synonyme de naïveté. On ne peut pas à la fois se déclarer attaché à notre tradition républicaine et donner libre cours à tous les abus. Le développement du mariage mixte doit aller de pair avec la lutte contre le mariage de complaisance. Et les personnes abusées ne peuvent être considérées comme de simples victimes collatérales de notre tradition d’ouverture aux flux migratoires. On ne peut pas à la fois défendre le mariage mixte, et en accepter le dévoiement. »[9]

Alors que l’existence des mariages gris n’est pas à remettre en question, leur réel impact, lui,  peut-être mis en doute comme l’était auparavant celle des mariages blancs. Un article dans le journal Le Parisien du 2 Février 2012 titrait : « Des milliers de personnes s’estiment victimes de ces « escroqueries aux sentiments » grâce auxquelles des étrangers obtiennent la nationalité française. Les tribunaux sont saisis d’un nombre croissant de plaintes. »[10] Mais de combien de personnes parle-t-on réellement ? Combien de plaintes ont été concrètement déposées ? L’article ne le dira pas. Mystère, opacité mais l’imaginaire collectif est à nouveau touché et l’étranger stigmatisé. A ce jour, aucune statistique ou étude sur les mariages gris n’a été publiée.

MAINTENANT… C’est à vous dans les commentaires…

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[1] http://www.ined.fr/fr/france/mariages_divorces_pacs/mariages_mixtes/

[2] Gérard Neyrand and Marine M’Sili, Mariages mixtes et nationalité française: Les Français par mariage et leurs conjoints (Paris: Editions l’Harmattan, 1995). 139.

[3] http://www.ined.fr/fr/france/mariages_divorces_pacs/divorces/

[4] Augustin Barbara, Les couples mixtes, Edition augmentée ed. (Paris: Bayard Editions, 1993). 250.

[5] Gérard Neyrand and Marine M’Sili, Les couples mixtes et le divorce (Paris: L’Harmattan, 1996). 18.

[6] L’étude très détaillée du divorce chez les couples mixtes a été publiée chez L’Harmattan sous le titre Les couples mixtes et le divorce. (Gérard Neyrand et Marine M’Sili)

[7] Abdelhafid Hammouche, « Où se rencontrent-ils? Les couples mixtes et la ville, » Dialogue 139, (1998). 40.

[8] Neyrand and M’Sili, Les couples mixtes et le divorce. 141.

[9] « Eric Besson s’engage contre les ‘mariages gris’ « , ed. Ministère de l’immigration de l’intégration de l’identité nationale et du développement solidaire (Paris 2009).

[10] http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/la-grande-colere-des-victimes-de-mariages-gris-02-02-2012-1842165.php

Intercultural marriage predisposition: physical attraction and stereotypes

25/01/2014
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Physical attraction seems to be a universal predisposition for marriage, whether intercultural or not: « She is beautiful – he is handsome. »  Most would say that they got attracted because they first noticed someone’s  physical traits.

Researchers believe that physical attraction can be a predisposition for intercultural marriage in the following way: Because physical relationships with someone who « looks different », who belongs to a « different group », a foreigner, is not easily accepted in a given society, such a resistance and even forbiddance may, in fact, act as a motivation, the foreigner consequently becoming more attractive in his expression of feminity or masculinity.[1] To summarize, the forbidden becomes the attractive and the beautiful.

Physical attraction to someone from a different cultural or ethnic background may well be reinforced by positive stereotypes leading to what some researchers call « racial fantasy. » French sociologist Barbara notes that cultures and its medias, such as movies or books may actually reinforce some stereotypes: a person belonging to a particular ethnic group may be described to have greater sexual qualities or be excessively romantic whereas a particular woman is attractive because her skin color is thought of or represented as a symbol of beauty and « purity. »[2] Those are dangerous clichés. Psychologist Joel Crohn warns that “While these alluring images, some based on partial truths, others on wishful fantasy, are part of what motivates some marriages, they often do not fit with the reality of the people’s actual experiences.”[3] Other researchers seem to agree: Char notes that “the sexual basis for intercultural marriages is often based on stereotypical fantasy rather than reality.”[4]. When one has been led by these stereotypes, disappointments are expected.

Researchers conclude that, in the case of intercultural marriage and relationships, “exotic can become erotic and the lure of the ‘forbidden fruit’ is very strong especially if the individual is not comfortable with his or her own sexuality.”[5] While physical attraction is a strong motivation to select a mate even from a different cultural or ethnic background, such a foundation because often based on stereotypes, is rather thin and dangerous.

QUESTIONS:

What attracted you in your partner / spouse first and foremost?

How familiar have you been of his or her culture prior to your relationship?

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[1] Petit, La migration dans l’organisation psychique des couples interculturels, 32.

[2] Barbara, Les couples mixtes, 36.

[3] Joel Crohn, Mixed Matches: How to Create Successful Interracial, Interethnic, and Interfaith Relationships , 48.

[4] Walter F. Char, « Motivations for Intercultural Marriages, » in Adjustment in Intercultural Marriage, ed. Weh-Shing Tseng, et al., 37.

[5] Ibid.

20 questions incontournables pour tout couple interculturel

03/01/2014

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Je vous propose une liste de 20 questions incontournables pour tout couple interculturel. Elles touchent différents domaines tels que l’identité et le rôle de chacun, la communication, le temps, l’argent et la religion. Ces questions peuvent être utilisées par les époux ou fiancés pour mieux se connaître ou par un professionnel dans l’accompagnement de couples. Vous êtes libres de reproduire cette liste à la condition de citer : « Jean-Christophe Bieselaar, 20 questions incontournables pour tout couple interculturel, http://www.intercoupleculture.com »

 

IDENTITE

Quels sont les éléments de nos identités respectives que nous aimerions voir se développer ou mettre de côté chez l’autre?

Quel est l’héritage de ma famille que j’apprécie le plus?

Quelle est ma relation avec mes parents aujourd’hui?

Si je devais retourner habiter dans mon pays, est-ce que tu viendrais avec moi? Est-ce que tu accepterais que j’aie un rôle prépondérant selon les normes culturelles traditionnelles?

Où prendrons-nous notre retraite? Dans mon pays ou dans le tien, ou encore ailleurs ? 

ROLES

Dans nos cultures quelles sont les responsabilités (spécifiques) de l’homme et de la femme ?

Dans un mariage interculturel faut-il que l’un des conjoints de « soumette » à l’autre ? Lequel, et pourquoi ? Les tâches seront-elles réparties de façon équitable ou les rôles seront-ils assignés en fonction de la culture des conjoints ? (éducation des enfants, sexualité, gestion du budget, tâches ménagères, cuisine, agencement de la maison, …)

COMMUNICATION 

Dans nos cultures, communique-t-on autrement que par la simple parole (gestes, intonation de la voix, proximité physique avec une personne, etc…) ?

Comment communique-t-on les sentiments (que l’on ressent) et la politesse (vis à vis de nos familles respectives) dans nos cultures ? 

TEMPS

Comment se mesure le temps dans nos cultures ?

Est-ce que l’important c’est d’être à l’heure ou simplement l’intention d’être là ?

ARGENT

Qui gérait l’argent dans nos familles ? Le ferons-nous ensemble ? Aurons-nous un compte commun ou un compte séparé ?

Doit-on soutenir financièrement la famille au pays et notre communauté religieuse, et  dans quelles proportions ?

LA RELIGION

Lorsqu’on épouse une personne d’une autre religion, épouse-t-on aussi sa foi ? Est-ce que cela implique de perdre une partie des deux religions pour arriver à des situations de compromis dans la vie quotidienne ? Et de quelle(s) perte(s) s’agira-t-il ?

Si les familles s’opposent au mariage interreligieux, la conversion est-elle une solution pour réconcilier les familles et les religions ? Quelle serait alors la motivation première de cette conversion de mariage ? Est-il si simple de vivre sous de nouvelles traditions religieuses ? Cette conversion sera-t-elle acceptée ou considérée comme opportuniste par nos familles et nos communautés religieuses respectives ? Avons-nous envisagé dans le pire des cas de vivre une rupture définitive avec l’une de nos familles ?

Lorsqu’il y aura un enfant dans le foyer interreligieux, où et comment sera-t-il accueilli ? Dans l’église ou dans la mosquée? Sera-t-il baptisé ? Circoncis ? Avons-nous pensé quelle éducation religieuse donnerions-nous à nos enfants ? Peut-on finalement transmettre deux religions ?

Quel lieu de culte allons-nous fréquenter ?

Avons-nous discuté de ce que notre foi pourrait impliquer financièrement ?

Dans notre foyer, comment pratiquerons-nous nos religions respectives ? Avons-nous envisagé de prier ensemble et comment ?

Que mangera-t-on en fonction des obligations religieuses de chacun et qui préparera alors le repas ?

MAINTENANT…

Avez-vous des suggestions? Pensez-vous à d’autres questions utiles?  C’est à vous dans les commentaires…

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Intercultural marriages predisposition: desire for assimilation?

13/12/2013

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A couple of months ago I introduced a first predisposition for intercultural marriage: a need for fulfillment. The main idea was that…

A lasting relationship requires one’s needs and preferences to be met and fulfilled. An individual who feels a sense of something lacking could be led to believe that a foreign spouse would fill the gap that a person from his or her culture would not be able to fill or help complete.

Today I would like to argue that another side for this desire of fulfilment exists: someone who feels or who actually is excluded at some level from his community can possibly seek an “outsider” for his life partner and consider intercultural marriage. This was the case of the biblical figure of Joseph who was excluded from his family. Though he did not have much choice and freedom in his life context, he assimilated to Egyptian life and his administrative position through the intercultural marriage Pharaoh arranged:

Why did Pharaoh choose her (Asenath) for Joseph in particular remains a mystery. Actually, both Joseph’s Egyptian name and his wife’s are mentioned in this verse alone, perhaps as a way to recognize and yet to minimize the issue of mixed marriage? Joseph being given a new Egyptian name and wife attests of his new social position in Egypt, a position with privileges he could hardly reject despite his covenantal background.  This is actually the best way to make sense of his acceptance of intercultural and interreligious marriage: The context would not allow Joseph to take a stand against such a marriage as his wife is given by Pharaoh himself.

According to psychologists this is still true today: someone who feels or who is excluded from his community can possibly seek someone completely different for his life partner. Because of one’s exclusion from his community of origin, whether felt or real, one will aspire to break from the social rules that once governed him or her. At the field research level, Nina Cohen observed that certain wives of intercultural marriages sometimes felt uneasy in their original culture, particularly about the sexual stereotype their culture produces. In effect, they did not see themselves fitting into their own culture’s expectations nor could they accept a spouse who did. Though they sometimes became involved with partners of their country as teenagers, they wanted a different kind of adult relationship than the ones they experienced.[1] As a result, such a person will seek to break from its community of origin, accept to become « different » by assimilating into another culture in which he or she can enter through marriage. [2] Desire for assimilation can therefore be a powerful predisposition to intercultural marriage.

QUESTIONS:
  • Does it surprise you? Have you encountered intercultural couples that may have follow such a predisposition?  
  • What is the cost for such a desire for assimilation?

Please comment and share

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[1] Nina Cohen, « Same or Different? A Problem of Identity in Cross-Cultural Marriages, » Journal of Family Therapy, no. 4 (1982).

[2] Petit, La migration dans l’organisation psychique des couples interculturels. 34.

5 « gaffes » à ne jamais dire à un couple interculturel au sujet de leur(s) enfant(s).

02/11/2013

Happy Mixed Race Baby Boy and Parents Playing Outdoors in the Park.

1.     « C’est votre enfant ? »

Sur mon réseau social j’ai pu lire dernièrement la douloureuse expérience d’un couple dont l’un des conjoints est blanc et l’autre noir à qui quelqu’un demandait à leur enfant « Où sont tes parents ? » alors qu’ils étaient… juste à côté. « C’est votre enfant ? » peut-être vécu par des parents comme « Où sont tes parents ? »… douloureusement.

2.     « Vous êtes la baby-sitter ? »

Il vaut mieux parfois s’abstenir plutôt que de dire une bêtise. Parce que l’enfant est plus ou moins métissé et qu’il ne ressemble pas directement à l’un de ses parents, certaines personnes assument parfois « à quoi » ses parents pourraient ressembler. Si un couple interculturel habite dans un quartier plutôt aisé, ce phénomène est potentiellement accentué. Si la question n’est pas forcément posée oralement certains traitent des conjoints de couples interculturels en assumant qu’ils ne sont pas les parents mais plutôt des baby-sitters qui s’occupent des enfants. « C’est ainsi qu’en amenant notre fille aux urgences à l’hôpital le personnel médical traitait la grand-mère comme la mère alors que l’épouse qui est asiatique était… juste à côté. Elle a été traitée comme une baby-sitter et a été totalement ignorée par les médecins qui ne s’adressaient pas à elle. »

3.     « Les enfants des couples interculturels sont les plus mignons »

Parfois, on ne sait pas quoi dire devant une famille interculturelle, métisse, alors on parle des enfants – « ils sont mignons. » Mais qu’est-ce que cela signifie réellement ? S’agit-t-il du « mélange » des deux parents d’arrière plan ethnique différent qui a rendu leurs enfants « mignons » ? Est-ce que cela sous-entend que la mixité est belle alors que la non-mixité, elle, ne le serait pas ? Tous les bébés et tous les enfants ne sont-ils pas mignons ? Pourquoi les enfants des couples interculturels seraient différents ? Ou serait-ce alors une remarque (inutile) quand on ne sait pas quoi dire devant un couple ou un famille interculturelle ?

4.     « Qu’est-ce qu’il sera ? »

Le couple interculturel : « Il dit qu’il veut être policier ou vétérinaire »

« Non je ne parlais pas de cela – qu’est-ce qu’il sera plus tard… ? Plutôt Blanc ? Noir ? Café au lait ? Plus Asiatique » – silence de consternation du couple interculturel.

Certains pays classifient leurs citoyens par rapport à une origine ethnique et une couleur de peau : blancs, noirs, asiatiques, … Ces classifications correspondaient à des communautés qui, dans le contexte historique de leur pays, ne se mélangeaient pas. Aujourd’hui avec la croissance des couples interculturels dans les sociétés occidentales, une nouvelle catégorie a été crée : « mixte ». Alors, « Qu’est-ce qu’il sera ? » – il sera « mixte »

5.     « Est-ce que je peux toucher ses cheveux ? »

Non. Dans de très nombreuses cultures la tête et les cheveux sont une partie physique intime de la personne. Il est culturellement inapproprié de toucher la tête de quelqu’un à moins que l’on soit de sa famille immédiate. Et surtout… pour –  quoi – faire ?  L’enfant d’un couple mixte / interculturel n’est pas un « animal de foire » à regarder ou à toucher. On ne touche pas par curiosité la tête d’un enfant qui n’est pas le/la nôtre.

MAINTENANT…

Avez-vous été victimes de ces remarques inutiles voire discriminatoires ? Avez-vous été blessés par une autre question ? Laquelle ? N’hésitez pas à la partager à la suite de ce post. 

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